Cyclisme : Vandenbroucke inculpé et licencié pour dopage

Le coureur belge Franck Vandenbroucke et le soigneur français Bernard Sainz ont été inculpés hier par la justice belge pour détention de produits illégaux. Voilà la petite reine à nouveau éclaboussée par le dopage. Champion prometteur, longtemps présenté comme l'héritier du grand Eddy Merckx, le fantasque coureur cycliste belge Frank Vandenbroucke, plus en vue depuis deux ans pour ses éclats que pour ses performances, est de nouveau au centre d'une affaire présumée de dopage. Il a été inculpé hier par la justice belge pour détention de produits illégaux et son équipe, Domo-Farm frites, pour laquelle il avait signé en novembre dernier, l'a licencié sur le champ. Son soigneur, le Français Bernard Sainz, connu dans les pelotons sous le sobriquet de "Dr Mabuse" et déjà mis en examen en France depuis 2 ans dans une affaire semblable, a lui aussi été inculpé et est en détention depuis mercredi. De un mois à cinq ans de prison. Les deux hommes risquent, outre une amende, une peine de 1 mois à 5 ans de prison. A 27 ans, Vandenbroucke avait annoncé lors de sa signature chez Domo, une formation belge qui a également engagé le Français Richard Virenque, sa volonté de revenir à son meilleur niveau après deux années sans victoire et marquées par de nombreux problèmes sportifs, physiques et psychologiques. Plusieurs produits dopants interdits, érythropoïétine (EPO, hormone peptidique), morphine (narcotique, euphorisant) et clenbutérol (bêta 2-agoniste, anabolisant), ont été retrouvés, en petite quantité, lors d'une perquisition mercredi à son domicile de Lebbeke, a indiqué le procureur du Roi de Termonde (nord de la Belgique), Christian Du Four. Le coureur a été interrogé dans la nuit de mercredi à hier par la police belge, après la découverte dans la voiture de Bernard Sainz de produits suspects, présentés comme "homéopathiques" par le Français, et qui ont été soumis à analyse. "Franck Vandenbroucke est resté évasif durant son interrogatoire. Il n'a pas dit pourquoi il était en possession de ces produits. Il n'a pas dit qu'il les utilisait mais il n'a pas dit le contraire", a indiqué le procureur. Bernard Sainz est quant à lui resté "très évasif" jusqu'à présent. Il a seulement déclaré "avoir des contacts avec des cyclistes", qu'il "conseille" de temps en temps, selon M. Du Four. Seringues. L'enfant terrible du cyclisme belge avait déjà été inquiété en France en 1999 dans une affaire de dopage présumé, et déjà en compagnie de Bernard Sainz. Ce dernier avait été mis en examen le 9 mai et écroué pendant 2 mois en compagnie de l'avocat Bertrand Lavelot, pour "infraction à la législation sur les substances vénéneuses et à la législation sur les produits dopants". L'affaire attend toujours d'être jugée. Selon les médias belges, Bernard Sainz a été contrôlé en excès de vitesse mercredi sur l'autoroute E17 près de Gand. Les policiers lui avaient fait ouvrir le coffre de son véhicule et y avaient trouvé un sac rempli d'une grande quantité de flacons et de seringues. Le Français avait expliqué qu'il s'agissait de produits homéopathiques destinés à des cyclistes, et indiqué avoir passé la nuit précédente au domicile de Frank Vandenbroucke. Sur la foi de cette déclaration, le parquet avait alors ordonné une perquisition au domicile du coureur, où les enquêteurs ont découvert une petite quantité de produits interdits, ainsi que d'autres substances non identifiées et saisies pour analyse. A noter que le domicile du coureur belge Nico Mattan, 30 ans, (Cofidis) a été perquisitionné hier matin. Le coureur a dû se soumettre à une prise de sang et une prise d'urines. Néanmoins, il a avoué dans l'après-midi avoir pu justifier les médicaments trouvés chez lui.
(01.03.02)