Vayer: ''Une hypocrisie généralisée''
28 février 2002

Par FREDERIC WARINGUEZ
De Sports.com

Antoine Vayer, l'ancien entraîneur de l'équipe Festina, devenu un des principaux pourfendeur de la logique du dopage dans laquelle est engluée le cyclisme, ne s'étonne pas des derniers événements qui secouent le peloton en Belgique.

Si Antoine Vayer a souvent le sentiment de prêcher dans le désert, l'arrestation de Bernard Sainz suivie de son inculpation et de celle de Franck Vandenbroucke amènent de l'eau à son moulin. Celui qui dénonce avec la plus grande constance les ravages du dopage dans les rangs amateurs comme dans le peloton professionnel, observe les derniers rebondissements sans se faire d'illusions tout en pensant que ces coups d'éclat policiers sont "inéluctables".

"Qui a pu croire un seul instant que Vandenbroucke était sur le chemin de la rédemption? C'est une hypocrisie monstrueuse généralisée dans son entourage que d'avoir fait croire cela", s'emporte Antoine Vayer. "Il ne faut pas se voiler la face, les produits dopants sont de la drogue qui génèrent des comportements semblables à ceux des toxicomanes. En restant dans le même milieu avec un entourage pas forcément recommandable, il était évident que Vandenbroucke ne pouvait pas s'en sortir. Il aurait fallu qu'il arrête le vélo, qu'il sorte de cet engrenage pour se reconstruire..."

Vayer craint maintenant que l'affaire ne soit circonscrite. "On va faire de VDB un cas isolé alors qu'il n'en est rien, affirme-t-il. Je suis certain que ce genre d'histoire va se répéter. Il est impossible aujourd'hui de croire que le cyclisme va mieux..."