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Comment
expliquer au commun des sportifs, qu’un joueur puisse être à la limite du
malaise un jour, puis au mieux de sa forme dès le lendemain comme Santoro à
Dubaï?
Fabrice était victime de la chaleur, il a joué sa demi-finale à neuf heures
du soir avec un fort taux d’humidité. Derrière il a été pris de vomissements
qui ont favorisé la déshydratation classique. On a été obligé de
l’hospitaliser pour lui administrer des perfusions de glucose. A partir de ce
moment, le corps humain a fait son travail. Pour la finale, Fabrice n’était
pas à 100% de ses capacités, mais comme il n’a pas un jeu forcément très
physique, mais plutôt fait de malice et de contres, il a su profiter des
opportunités qui lui étaient offertes.
Pourtant cette
faculté de récupération est assez étonnante, et l’on est amené à se poser des
questions quant à la présence de produits dopants sur le circuit…
Sincèrement je pense que non! En ce qui concerne les Français c’est certain,
un gars comme Fabrice est un sportif totalement propre. Je n’ai aucun doute à
son sujet, et personne ne peut en avoir! En ce qui concerne les étrangers, je
ne peux pas m’engager, mais à partir du moment où l’on respecte les
contrôles, qui sont tels qu’ils sont, il n’y a pas de raison.
Que vous inspirent
les dernières déclarations de Mary Pierce qui reconnaît, une fois de plus,
avoir absorbé de la créatine, et quels sont les risques pour l’athlète?
La créatine est une substance qui favorise le gain de masse musculaire et aux
Etats-Unis ou en Australie, elle est en vente libre et on en trouve dans les
supermarchés. En France, c’est un produit totalement interdit, on ne peut pas
s’en procurer. Mary a une mentalité anglo-saxonne, elle en prend, elle va en
reprendre, c’est son choix, mais actuellement aucune publication prouve son
effet nocif dans la limite d’une consommation normale. A partir du moment où
les joueurs font des contrôles des reins, du foie tous les trois mois et en
prennent de manière suivie, ça n’a pas l’air de créer de dégâts sur
l’organisme. Seulement, aucune étude sérieuse n’a été faite sur le problème!
A l’instar de Correa
en début de saison, on voit que les cas de dopage détectés viennent souvent
d’Amérique du Sud. Est-ce selon vous un problème de suivi des fédérations?
Il faut savoir que le tennis professionnel n’est pas sous la coupe des
fédérations, les joueurs n’ont même pas besoin d’avoir de licence dans leur
pays, il suffit d’avoir des points ATP. A la limite, les fédérations peuvent
les suspendre, mais ils peuvent continuer à jouer sur le circuit. Seuls l’ATP
ou l’ITF, pour les grands chelems, peuvent prendre des sanctions. Le joueur
fait ce qu’il veut et tout dépend du pays où il a été pris. En France, la loi
est très sévère, la mise en place du suivi longitudinal offre aux plus jeunes
une protection médicale.
Au regard de l’état
de fatigue de certains joueurs, le calendrier est-il fait pour favoriser un
sport propre?
Non, les épreuves se succèdent et les sommes mises en jeu incitent les
joueurs à enchaîner les matches. On est toujours tenté de courir à droite et
à gauche pour prendre un maximum d’argent, de points et de notoriété. A
partir de là, la santé passe au second plan. Maintenant, c’est à eux de
résonner à long terme pour organiser des phases de préparation, de jeu et de
repos. Mais au départ, c’est très difficile de se projeter dans l’avenir, une
carrière peut si vite s’arrêter! Seuls les tennismen d’un certain niveau
peuvent mettre en place des programmes cohérents, sans dérive, sans
exhibition. S’ils veulent vraiment aller au bout c’est une tentation au
dopage
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