Bernard Sainz a été écroué
à Termonde, en Belgique, à la suite de la saisie de nombreux flacons
et autres seringues dans le coffre de sa voiture. |
|
La saison cycliste
belge débute à peine ce week-end, avec le Het Volk, première
classique flamande, que l'histoire se répète déjà. Franck
Vandenbroucke, 27 ans, la fantasque étoile filante du vélo belge, a
été licencié hier par sa nouvelle équipe Domo, après la découverte à
son domicile d'un stock de produits dopants, comportant du
Clenbuterol (antiasthmatique), de la morphine et de l'EPO. Chez
Domo, l'ancien vainqueur de Liège-Bastogne-Liège côtoie depuis juste
deux mois Johan Museeuw, Axel Merckx et Richard Virenque, accueilli
après sa suspension pour dopage dans l'affaire Festina. En bon
coéquipier, VDB devait même aider le Varois, surprenant vainqueur de
Paris-Tours l'an dernier, à briller ce printemps sur Paris-Roubaix,
grand objectif de l'équipe belge...
Comme en 1999, c'est par les frasques de son ami Bernard Sainz
qu'est tombé à nouveau hier le cycliste belge. Arrêté mercredi sur
l'autoroute de Gand pour excès de vitesse, Bernard Sainz, surnommé
depuis trente ans par le peloton «docteur Mabuse», a été écroué à
Termonde en Belgique à la suite de la saisie de nombreux flacons et
autres seringues dans le coffre de sa voiture. Selon les enquêteurs
belges, «Mabuse» aurait déclaré avoir passé la nuit chez VDB à qui
ces produits étaient destinés. Tous deux ont été mis en examen hier
pour détention de produits illicites, a annoncé le procureur du
roi.
Précédents. Déjà le 7 mai 1999, la brigade des stupéfiants
de Paris avait créé le scandale en interpellant en flagrant délit
Bernard Sainz et l'avocat Bertrand Lavelot, alors trésorier de la
Française des jeux et avocat de nombreux cyclistes, ainsi qu'une
douzaine de coureurs dont Vandenbroucke. Entendu comme simple
témoin, le coureur wallon avait alors déclaré avoir connu «Mabuse»
un an plus tôt, par l'intermédiaire de Philippe Gaumont, son
coéquipier chez Cofidis, sa formation de l'époque. Mis en examen,
Gaumont a purgé une suspension pour dopage. Un temps suspendu par
son équipe, VDB, dépressif, avait, lui, été blanchi et réintégré par
Cofidis, avant de connaître de nouveaux déboires en 2001 chez
Lampre. Quant à Sainz, mis en examen pour exercice illégal de la
médecine, il était libéré en même temps que Me Lavelot, après plus
de deux mois de prison préventive. L'affaire est encore à
l'instruction à Paris.
Bernard Sainz, que boude alors la société du Tour de France,
échaudée par l'affaire Festina, réalise en l'an 2000 sa propre
grande boucle des librairies pour promouvoir son ouvrage les
Stupéfiantes Révélations du Docteur Mabuse. Son ami VDB ne
manquait pas de venir le saluer à la sauvette avant certaines
étapes. Le coureur belge avait repris la saison 2002 au Tour du
Qatar sous les couleurs de Domo. Il s'y disait enfin débarrassé de
ses vieux démons.
Perquisition. Hier, l'enquête se poursuivait avec une
perquisition à l'aube chez son compatriote et ami Nico Mattan,
arrivé avec lui en 1999 chez Cofidis. Mattan a terminé l'an dernier
sa meilleure saison sous les couleurs nordistes avec quatre
victoires. Il a dû subir des tests sanguins et urinaires. Mattan, à
la réputation sulfureuse, n'a jusqu'ici jamais été contrôlé
positif.
|